18 juillet 2011

Morilles de feu à Wemotaci : nous y étions

Depuis des décennies, dans les forêts de la Côte Ouest de l’Amérique du Nord, affluent des « cueilleurs d’or » attirés par la prolifération des morilles quelques mois après un incendie dévastateur. Ce Klondike saisonnier auquel participent aujourd’hui de nombreuses communautés autochtones locales continue d’intriguer de ce côté du Continent. La morille de feu est maintenant présentée comme une espèce particulière (Morchella tomentosa), proche de la morille noire (Morchelle elata), mais qui s’en distingue par le duvet dont elle est couverte et par sa paroi double.  

Espèces mondialement appréciées, la morille fait l’objet d’année en année, d’une récolte lucrative.  La quantité et la qualité des morilles récoltées sur les brulis de la Côte Ouest, intriguent de ce côté du Continent.  

L’association entre la cendre et la morille est bien documentée. Il n’est pas rare de voir apparaitre quelques spécimens à côté d’un ancien feu de camp, par exemple.  

En 2006, la médiatisation d’une « opération morilles » au Québec avait suscité plusieurs vocations : des apprentis « cueilleurs d’or » scrutent la forêt boréale à la recherche de filons mirobolants.  

Cinq ans plus tard, le débat persiste toujours quant à la viabilité de l’aventure.  

L’été 2010 a fourni une occasion exceptionnelle de vérifier l’hypothèse : des feux de grande envergure ont ravagé des forêts en Mauricie, plus particulièrement à proximité du village Attikamewk de Wemotaci. Un entrepreneur local, Danny Chilton, a pris l’initiative d’organiser l’entreprise. Une soixantaine de villageois ont reçu une brève formation, des équipements ont été achetés, un séchoir artisanal a été construit et des acheteurs ont été pressentis. Objectif : plusieurs centaines de kg, voire quelques tonnes  

Des experts de la Mycoboutique y ont participé.  

Les premières morilles ont fait leur apparition début juin 2011. Comme prévu, la cueillette a été ardue sous un nuage de moustiques. Et la récolte a été très décevante : quelques dizaines de kg sales, cendreux et infestés de larves. À peine 5 kg, soigneusement triés, ont été « commercialisés ».  

L’examen des spécimens recueillis porte à croire qu’il s’agit de la même morille de feu. La fortune s’est encore une fois dissipée en fumée, mais nous continuerons de vous offrir ce que nos forêts recèlent de mieux.

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