12 décembre 2015

Le Sanctuaire des champignons

El Honguito

Le ganoderme plat (Ganoderma applanatum) forme un plateau semi-circulaire émergents des feuillus. Abondant partout dans notre Hémisphère, iI est indigeste et se pétrifie au séchage. Sa face tournée vers le sol se prête bien au dessin ce qui lui vaut le nom de polypore des artistes.

En 1880, au Mexique, le clergé peinait encore à détourner les Indiens du culte ancestral des champignons. À proximité d’Ixtlahuaca, un village de la Sierra Norte de Puebla, l'un d'entre eux, Dolores Rojas, trouva sur son chemin un ganoderme (Ganoderma lobatum), semblable au polypore des artistes mais à peine de la taille d’une rondelle de hockey. Sur sa face minuscule étaient gravés un Christ en croix, un crâne à ses pieds, un soleil et une demi-lune de chaque côté et des étoiles. Il a cru au miracle et, pendant des années, la famille a fait circuler l’amulette pour guérir les malades de toute la région. Un sanctuaire lui a bientôt été consacré à côté de la résidence des Rojas.

En 1941, le curé Ismael Garcia Gonzalez a permis la construction d’une église, Nuestro Señor del Honguito, où le champignon continua d'être vénéré. Après sa mort en 1958, son successeur, Ildefonso Illescas, a placé l'amulette dans un boîtier au centre d’une imposante croix métallique édifiée à cette fin dans l'église. Les fidèles ont alors pris l’habitude de faire un détour et d’y allumer un lampion avant de revenir faire leur entrée par la porte principale de l’église. À la demande des autorités ecclésiastiques, celle-ci a été rebaptisée El Señor de la Salud, puis Nuestra Señora del  Sagrado Corazon de Jesus.

Aujourd’hui, la dévotion s’est estompée au profit de la récupération touristique. Mais Une question demeure : qui est à l'origine de la supercherie ? Dolorès Rojas lui-même ou, comme le disent certaines sources, un missionnaire en mal de rapprocher les Indiens de la vraie foi ? Les dessins de Dieu sont insondables !  

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