30 janvier 2016

Le chaga est-il une espèce en péril ?

Inonotus obliquus

Le chaga  est un pathogène des bouleaux de l'Amérique du Nord-est. Il s’attaque au cœur de l'arbre, dont il favorise, à très long terme, la rupture. En moyenne, il affecterait moins d'un arbre sur mille, ses hôtes étant les arbres les plus fragiles. Localement il peut être très abondant : selon Bruno Boulet, il toucherait plus de 20% des tiges dans les zones les plus exposées aux rigueurs de l'hiver. 

En raison de ses propriétés médicinales, la demande est en hausse exponentielle depuis plusieurs années. D’après Paul Stamets, qui favorise plutôt sa culture, «le chaga se fait de plus en plus rare. En raison du saccage par les cueilleurs commerciaux, la récupération et la disponibilité sont incertaines». 

Doit-on s’inquiéter de la pérennité de la ressource ? 

Pour répondre à cette question, il faut comprendre le cycle fascinant de ce champignon.

La partie visible  qui est récoltée sur l’arbre vivant est stérile. Elle repousse et peut être prélevée à nouveau après 3 à 10 ans. Le champignon ne fructifie et ne se reproduit que brièvement après la mort de son hôte. Au sol, il répand alors des spores, avant d’être rapidement mangé par les insectes.

À notre connaissance, aucune étude n'établit un quelconque dommage relié à sa cueillette : elle ne semble nuire ni à sa reproduction ni aux hôtes eux-mêmes. 

Dans le cadre d’une étude américano-russe sur les produits forestiers non-ligneux de Sibérie, David Pilz (Fungi Magazine vol.5 #3, 2012) conclut : «l’abondance de chaga en Russie est telle qu’en vertu des estimations les plus pessimistes, la ressource ne sera jamais menacée».

Il n'y a vraisemblablement pas lieu de s'alarmer.

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