28 mars 2016

Le champignon qui aimait les papillons

Dans une confession rendue publique cette année, mais faite il y a plus de 21 ans, la championne olympique Wang Junxia (qui a 46 ans aujourd’hui) et neufs de ses coéquipières avouent que leur entraineur les forçait à se doper. En 1993, la coureuse a fracassé les records mondiaux aux 3 000 et 10 000 mètres. À l’époque, l’entraineur expliquait la performance par un entraînement rigoureux et par l’ingestion de champignon cordyceps (accompagné de sang de tortue).

Ce champignon (Ophiocordyceps sinensis) a tout-de-même des propriétés avérées. Sa renommée en médecine traditionnelle chinoise tient aussi beaucoup de son entomophagie spectaculaire : il transforme des insectes en garde-manger avant d’en faire des tremplins pour la diffusion de ses spores. Comment ne pas croire aux pouvoirs surnaturels d'un tel organisme. 

À tel point que la cueillette de cordyceps est la principale source de revenus des paysans tibétains. Elle est aussi source de conflits et de supercheries. En 2011, six villageois de l’Annapurna au Népal ont été condamnés à la prison à vie, treize autres, à deux ans de prison, pour avoir précipité du haut d’une falaise huit braconniers qui cueillaient sur leur territoire. 

Le principal composé bioactif est la cordycepine dont les propriétés anti-tumorales sont établies. D’un autre cordyceps (C. sinclairri), la pharmaceutique Novartis a tiré le Gilenya contre la sclérose en plaque. 

Un autre cordyceps (C. militaris) est plus familier ici. Commun sous nos latitudes, il est difficile à repérer parce qu’il parasite des larves souterraines. D’après une étude de J.S.L. Chan & al. publié en 2015 dans l'International Journal of Medicinal Mushrooms, il contiendrait les mêmes composés nutritifs (protéines, vitamines, acides aminés, minéraux) et bioactifs que son parent chinois. Encore vous faudra-t-il le trouver, avant de l’offrir aux joueurs des Canadiens de Montréal.

 

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