23 juin 2017

Le secret des ronds de sorcières

De nombreuses espèces de champignons dessinent au sol des cercles qui ont, de tout temps, exciter l’imagination. On les a appelés « ronds de sorcières », évoquant la piste de danse des sorcières. En fait, une spore germe au sol et s’en dégage des filaments, les hyphes. C’est la substance même du champignon souterrain qui forment un réseau en quête de nourriture.  Si le sol est uniforme, le réseau s’étend dans toutes les directions au rythme de quelques centimètres à un mètre par an, selon les espèces. La nourriture venant à manquer au centre, le pourtour s’en éloigne graduellement pendant des années, voire des centaines d’années. 

Le marasme des oréades est l’espèce emblématique, mais le phénomène est commun à de nombreuses autres, notamment parmi celles qui recyclent la matière organique : vesse-de-loup, psalliotes, lépiotes, … Dans les Blue Mountains d’Orégon, un armillaire commun (Armillaria solidipes) couvre près de 1 000 ha. Il s’agit, en fait, d’un organisme unique : toutes les cellules sont génétiquement identiques et se coordonnent depuis plus de 2 400 ans en quête de nourriture. 

D’autres espèces ne se contentent pas de décomposer la matière organique : elles échangent des nutriments avec la végétation environnante qu’elles accompagnent dans une relation mutuellement avantageuse. Nombre de ces espèces symbiotiques, les chanterelles communes ou les truffes par exemple, forment à l’occasion des ronds, mais elles ne s’éloignent jamais de leur partenaire de vie, dont elles suivent souvent la progression des racines. 

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