28 décembre 2017

Eldorado en enfer

En octobre 2016, Miro et Fanny, un couple dans la vingtaine, préparaient un voyage au Yukon : comme des milliers d'autres jeunes gens, ils rêvaient d'un eldorado de morilles. Ils avaient déniché une vieille Westfalia pour ce trajet de 12 000 km. Ils cherchaient des contacts, conseils, des équipements  et …du répulsif à ours.

Ils rêvaient de cet eldorado : les morilles sauvages émergent en masse dans les brûlis du Nord-Ouest de l’Amérique le printemps suivant un feu de forêt estival. L’été précédent, les feux avaient été clairsemés : la prochaine récolte serait maigre, mais les prix, en hausse. Il fallait surtout repérer les feux à bonne distance des routes carrossables.

À la fin mai 2017, Miro et Fanny ont pris la route. Passée la frontière du Yukon, ils se sont arrêtés à Watson Lake rencontrer la paire de baroudeurs avec lesquels nous les avions mis en contact. Ils ont fait leurs provisions et pris leurs permis de cueillette. Ils ont aussi convenu de les rejoindre à la lisière d’un brûlis à 10km au nord de l’autoroute de l’Alaska. De nombreux cueilleurs y étaient déjà. 

Après cinq jours de marches forcées dans un décor calciné infesté de moustiques, ils avaient empoché 300$ pour 50 lbs de morilles fraîches. Les pluies des 10 et 11 juin ont rendu la cueillette et le séchage moins certains. Ils ont décidé de rentrer lentement, en passant par Vancouver où ils ont pu admirer les grizzlys du zoo.

Récemment, ils nous ont offert leurs morilles séchées, à peine de quoi payer la réparation des freins. Ils comptent repartir le printemps prochain. Dans la même région, les feux de l’été dernier ont été dévastateurs. La récolte devrait donc être plus abondante, mais alors les prix baisseront et il faudra cette fois éviter la cohue.

Si leur aventure vous intéresse,  Langdon Cook dans The Mushroom Hunters et Benoît Peyre dans À la poursuite des morilles de feu en ont de plus croustillantes à vous raconter. 

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