14 mars 2020

La crinière du lion

Il s’est approché de la caisse. Jeune quarantaine, le crâne dégarni, Alex commence par me raconter son histoire.
Il en a contre la médecine qui se pratique dans les hôpitaux. Il était chauffeur d’autobus. Il le rappelle fréquemment, en mimant à chaque fois la rotation de ses bras autour d’un énorme volant imaginaire. Quand son cancer a été diagnostiqué, les métastases avaient déjà gagné ses os. Malgré la chimiothérapie, et jusqu’à ce qu’il découvre sur internet les bénéfices attribués à l’huile de CBD, il évoluait vers les soins palliatifs. Il en prend quotidiennement au compte-goutte. Il est convaincu que le cancer est disparu depuis plus d’un an.
Ragaillardi, il est maintenant préoccupé par des séquelles cognitives. Il vient chercher de l’hydne hérisson, (Hericium erinaceus, pom-pom, crinière de lion ou Lion’s mane en anglais). Il a lu Paul Stamets, célèbre gourou de la mycologie médicinale pour qui l’hydne hérisson est un antidote aux maladies neurodégénératives : perte de mémoire, Alzheimer, Parkinson et autres. Ce champignon a d’ailleurs la tête de l’emploi : boule blanche, comme une boule de neige, couverte d’aiguillons (hydnes) qui en viennent à former une chevelure blanche.
En été, on trouve dans nos forêts des proches du même genre : hydne d’Amérique (E. americanum) et hydne corail (E. corailloides). Les allégations santé ont hissé ces espèces au sommet de la popularité, au point de faire oublier leurs qualités gastronomiques : couleur, texture et saveur qu’on rapproche souvent de la chair de crabe.
Alex est reparti avec un sac d’hydne hérisson déshydraté. Reprendra-t-il son volant ? il ne l’a pas précisé. La Mycoboutique vous offre en tout cas l’hydne hérisson sous toutes ses formes : séché comme il l’a choisi, mais aussi frais, en trousses de culture intérieure ou en gougeons inséminés pour culture sur rondins, voire en seringues. À vous d’en profiter.

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