Mycoscope d'octobre 2019
Biodiversité et champignons
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La saison des cueillettes tire malheureusement à sa fin. Depuis le printemps, des centaines d'excursionnistes nous ont suivi en forêt à la chasse aux trésors mycologiques. Il y a quelques jours, à peine la randonnée amorcée en notre compagnie, des résidents de Rigaud ont été sidérés à la vue d'un resplendissant polypore soufré.

Ceux qui ne sont pas inscrits à nos dernières excursions de l'année devront patienter au printemps prochain. Nous avons déjà mis en ligne quelques excursions pour 2020 : 17 mai et 26 juillet en Estrie ainsi que le 15 août dans les Basses-Laurentides.

D'ici là, vous pouvez participer à nos soirées récréatives d'initiation, à nos ateliers sur la fermentation ou la culture des champignons ou à notre formation à la cueillette.



Nos idées-cadeaux conviennent à tous les goûts et tous les porte-feuilles. Parmi celles-ci, des livres d'identification qui sont (ou deviendront) des classiques : l'édition revisée du Grand livre des champignons de l'Est du canada Raymond McNeil, les Champignons comestibles du Québec de Jean Després et, en anglais, le célèbre Guide Audubon des epèces Nord-Américaines du regretté Gary Linkoff. Ces incontournables sont en solde : leur prix est réduit de 15% en octobre. Une occasion de prendre les devants en prévision des Fêtes.

Les rayons de la Mycoboutique seront les premiers à recevoir Fungipedia, une brève et amusante encyclopédie de Lawrence Millman de même que les deux tomes de Fungi of Temperate Europe de Laessoe & peterson, plus grave avec ses descriptions de plus de 2 800 espèces et ses 7 000 photos.



La culture des champignons connaît une faveur croissante avec l'amélioration des méthodes de production. Les conditions de travail étaient encore très pénibles encore dans les années 50. Les employés du producteur Slacks au Québec devaient respirer les vapeurs de la formaldéhyde utilisée pour désinfecter les pousses. Quand la récolte approchait, ils étaient au poste à 4 heure du matin, revêtus de combinaisons humides et glacées, à la noirceur, à deux mains dans le fumier. 

Aujourd'hui, la culture se présente sous de meilleurs augures et se démocratise. La Mycoboutique tient un atelier d'apprentissage. Elle a l'éventail le plus complet de livres récents sur le sujet. Ses trousses permettent de produire facilement chez soi tandis que ses gougeons ensemencés donneront plusieurs récoltes annuelles successives.

Justement, en octobre jusqu'à épuisement des stocks, ces goujons pour inoculation de rondins sont en solde : 15$ pour cent, au lieu de 20$, 65$ pour mille, au lieu de 80$. Ne tardez pas !



Le dodo était un oiseau pataud, indigène de l’île Maurice. Peu après l’arrivée des humains sur l’île au XVIIème siècle, on ne l’a plus vu : il est devenu l’archétype des victimes de la chasse. La biodiversité est une préoccupation de notre temps et des champignons pourraient connaître le même sort, victime de la perte d’habitats naturels plutôt que de la chasse.

L’Union internationale pour la conservation de la nature tient à ce sujet une liste de toutes les espèces menacées. En 2016, cette liste comptait 105 700 espèces de toutes sortes. Seulement cinq espèces fongiques dont quatre sont des lichens étaient du nombre. Le seul champignon, le pleurote Elfe (Pleurotus nebrodensis), ne mérite d'ailleurs pas ce statut. On a longtemps cru que son habitat était limité à une zone de moins de 100 km carrés en Sicile. On sait maintenant qu'il y en a aussi en Grèce et au Moyen-Orient. En outre, il se cultive, son mycélium étant même disponible sur internet.

Difficile de préciser les risques d'extinctions : les champignons sont enfouis et leur « fruit » n’apparaît que subrepticement. Surtout, le nombre d’espèces est estimé par extrapolation à plusieurs millions dont une infime minorité est connue à ce jour. 

Certains pays d’Europe ont établi leur propre liste d’espèces menacées à partir de l'expérience des cueilleurs. Rien de tel sur notre continent : par souci de santé publique plus que de conservation, des états américains ont choisi de restreindre la vente aux espèces qui ne posent pas de risque de confusion. Dans son livre, Le champignon de la fin du monde, Anna Tsing soutient que les matsutake survivront à la turpitude humaine. La résilience des champignons déjoue les calculs : pourtant, à n’en pas douter, des espèces subiront le sort des dodos tandis qu'apparaîtront de nouvelles espèces, mieux adaptées.


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